En vrac - 28 octobre 2014

De la sincérité de l'artiste

Suite à lecture de cet article de Thomas Munier sur la créativité et a une chanson du dernier album des Wampas (La Fille Du Train Chenille) et spécialement cette phrase "La difficulté d'être artiste et d'être honnête", je me rappelé un vieux souvenir télévisuel amer.

Le souvenir d'une soirée spéciale Julien Clerc sur TF1 est revenue à moi. Cette soirée a été diffusée diffusée il y a presque 20 ans. Je devais avoir une dizaine d'année. Il y avait beaucoup d'interview, de biographie, ..etc Il y a une interview qui m'a marqué. Julien Clerc expliquait qu'au départ les paroles de sa chanson "Mélissa" étaient différentes. Au lieu de "Ma métisse est nue" il avait écrit "Mon Matisse à nu". Son producteur avait fait réalisé un sondage et le grand public ne connaissait pas assez Matisse donc il a changé son texte. Pour ma part, un artiste qui pense en terme de marché et d'ouverture au public n'est plus un artiste. C'est tout au plus un entrepreneur. Personnellement cette anecdote m'a interpelé quand j'ai vu l'émission et maintenant elle me dégoute car elle représente un des gros travers de notre époque. Le peuple ne pourra jamais s'élever si on ne lui en donne pas les moyens.

Tout cela soulève des questions intéressantes sur l'élitisme. Une œuvre doit-elle être accessible au plus grand nombre ?
Un artiste existe pour offrir une autre vision à ceux qui regarderont son œuvre. Si l'œuvre est tout de suite compréhensible par le plus grand nombre alors elle n'offre aucune vision nouvelle. Elle reflète seulement la vision de la masse populaire. Donc oui une œuvre ne doit être accessible de prime abord mais elle doit offrir des passerelles pour être tout de même compréhensible. Par exemple, le jeu de rôle Sens de Romaric Briand est de prime abord assez obscur pour qui n'a jamais étudier de philosophie. Pourtant, par l'intermédiaire de la disponibilité de l’auteur sur un forum dédié et accessible à tous et par l’intermédiaire de podcast dédié (les podcasts de la Cellule), ce jeu de rôle est accessible et offre une expérience très intéressante aux joueurs et au meneur.

Pour compléter l'article de Thomas, j'aimerais aborder un sujet qu'il effleure du bout des doigts : l'intention de l'artiste. Il parle de l'amour. L'amour n'est qu'une intention parmi d'autres. Il peut en avoir une infinité d'autres. Lorsque l'on s'exprime, nous avons toujours l'intention de dire quelque chose intentionnellement ou pas. C'est la définition même de s'exprimer. Même si on a rien à dire et que l'on s'exprime, on dit qu'on a rien à dire. d'où cette phrase célèbre de Michel Audiard "C'est pas parce qu'on rien à dire qu'il faut fermer sa gueule.". Certains n'ont peu ou rien à dire mais ils le disent extrêmement bien car ils ne mettent pas leur créativité au service de leur message mais au service de l'enveloppe de leur message, dans un sens sur l'expérience que leur œuvre pourra offrir. D'autres à l'inverse s’efforcent à exprimer un message convainquant dans une forme esthétique.
Il ne faut pas se leurrer, quelques soient les intentions de l'artiste, c'est "le regardeur qui fait l’œuvre" (Marcel Duchamp). Une œuvre touchera les être qui la contemple d'une façon à chaque fois différente, d'une façon que l'artiste n'aura peut être même pas imaginée.
Une fois achevée, une œuvre a une vie propre et n'appartient plus à son créateur.


Rédigé par marmous - Mots clés: créativité, oeuvre, sincérité